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Qu’est-ce qu’on nous a appris à aimer ?

Who I Am, Who I Love : une résidence franco-danoise du 11 au 18 octobre 2026, en Ardèche, gratuite pour les 18-25 ans



On nous apprend à lire, à conduire, à conjuguer.


À aimer, on se débrouille.


Et pourtant, à y regarder de près, on a appris. Beaucoup. Dans le silence des dîners de famille, dans les chansons écoutées en boucle à 14 ans, dans les films où l’histoire finit toujours par un baiser, dans les regards qui demandaient « et alors, t’as un petit copain ? » avant qu’on sache ce que c’était.


On a appris en silence. Et c’est ce silence-là, il pèse lourd.


Personne ne nous prévient

Je me souviens, quand je commençais à devenir adulte, je disais tout le temps la même phrase : « mais personne ne nous prévient, quoi. »


Il nous faudrait une notice. Un délai de prévenance. Quelque chose qui nous dise : attention, là, tu vas tomber amoureuse de quelqu’un qui ne va pas rentrer dans les cases. Attention, là, tu vas aimer, ça va s’arrêter, tu vas avoir mal, tu recommenceras, car ça passe.


Mais non. On apprend en cassant. En aimant mal. En se faisant aimer mal. En sentant que ça ne colle pas avec ce qu’on nous avait raconté.


À 18, 20, 25 ans, ça frotte.


Ça frotte entre les modèles qu’on a reçus et ce qu’on ressent. Ça frotte entre le couple qu’on devrait vouloir et les liens qui nous tiennent réellement debout. Ça frotte entre la famille qu’on a et celle qu’on est en train de choisir.


L’impératif d’aimer comme tout le monde

Tal Madesta, dans Désirer à tout prix, parle d’un impératif sexuel qui pèse sur nos vies : il faudrait désirer, jouir, performer, sans cesse, pour exister pleinement. Pendant ce temps, les autres formes d’amour (l’amitié, la tendresse, les liens choisis) passent en arrière-plan, comme des consolations.


Il pose une question qui ne me lâche pas : et si ce qu’on appelle la norme n’était pas tant ce que vit la majorité, qu’un désir tenace de lui ressembler ?


C’est exactement ce que j’aurais voulu entendre à 20 ans. Que ce que je vivais comme un manque ou une faille était surtout le frottement entre moi et un modèle trop étroit.


D’autres manières d’aimer

L’amitié comme acte politique. Les compagnons de route. Les sœurs de cœur. Les familles choisies. Les communautés bricolées qui nous portent quand le reste lâche.


Vous me connaissez si vous me lisez : c’est le fil que je tire depuis quelques années avec L’Artisterie, avec le livret de famille choisie, avec la résidence sur les liens qui nous transforment.


Who I Am, Who I Love en est la suite logique, adressée cette fois à celles et ceux qui en ont le plus besoin : les 18-25 ans, qui sont en train, là, maintenant, de fabriquer leur rapport à l’amour, à l’identité, aux autres.Une semaine pour se donner la notice qu’on n’a pas eue


Une semaine pour se donner la notice qu’on n’a pas eue


Du 11 au 18 octobre 2026, à Grain&Sens en Ardèche, je co-organise avec Co-literate une résidence pour 22 jeunes adultes, 11 français·es et 11 danois·es.


Une semaine pour déposer, questionner, fabriquer. Pour parler d’identité, d’amour, de consentement, sans tabou ni surplomb. Pour créer ensemble ce qui ne se dit pas autrement.


C’est entièrement gratuit, voyage inclus, grâce à un financement Erasmus+. Tout le monde est le bienvenue : LGBTQIA+ 🌈, jeunes des MJC, ruraux, citadines… pour que la diversité du groupe soit la matière vivante du séjour.


Vous avez entre 18 et 25 ans, vous vivez en France 🇫🇷 ou au Danemark 🇩🇰 ?



Et si ça parle moins à vous mais que vous pensez à quelqu’un, faites suivre. C’est souvent par les autres que l’info arrive là où elle doit arriver.



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